De la gouvernance en Afrique : l’impératif d’audace, de patriotisme et d’ingéniosité


De la gouvernance en Afrique : l’impératif d’audace, de patriotisme et d’ingéniosité
L’Afrique fait face à de nombreux défis dont le plus significatif demeure celui de la gouvernance, caractérisée du reste par la subordination à l’Occident et aux multinationales, la corruption, la patrimonialisation des moyens de l’État et l’inféodation des institutions, notamment la justice, le clientélisme et son corollaire, le népotisme. Des logiques de prédation de l’élite politique ainsi que l’inadéquation des règles administratives édictées par des constitutions importées et inadaptées aux réalités locales ont fini par s’ériger en normes de gouvernance. La mal-gouvernance est donc le véritable fléau de l’Afrique. Elle gangrène les tissus sociaux, renforce les inégalités, érode l’efficience de la bureaucratie, aggrave la paupérisation des couches vulnérables, rend obsolètes les politiques de développement et maintient la dépendance de nombreux pays à une prétendue coopération internationale qui ne fait que perpétuer la vassalisation de tout le continent. Le phénomène se situe en réalité dans le prolongement des pratiques esclavagistes puis colonialistes qui ont embrigadé la conscience collective africaine dans un complexe d’infériorité et de soumission à l’homme blanc et qui ont pour un moment enlevé aux élites africaines leur fierté nationale ainsi que leur capacité de conceptualisation, mais qui ont surtout fait de l’Africain un individu en perpétuel doute et qui se confine indéfiniment dans le mimétisme de l’Occident. Ainsi, c’est notre humanité longtemps bafouée qui reste toujours en jeu. L’Afrique doit cesser de se complaindre et se réinventer ; et pour ce faire, nos élites sont tenues par un devoir d’audace, de patriotisme et d’ingéniosité.
L’histoire a montré que tous les grands leaders qui ont su imprimer leur marque de gouvernance à leur temps et à la trajectoire de leur pays ont eu en commun ce trait indispensable au progrès des peuples qu’est l’audace : l’audace de l’anticonformisme et du refus du fatalisme, l’audace de s’ériger contre le jeu des lobbies, l’audace de bouleverser des normes qui semblaient immuables…, l’audace du don de soi à son peuple. Les leaders Africains, du moins pour ceux qui sont de la génération actuelle, sont dans une logique de résignation et de compromission vis-à-vis des anciennes puissances coloniales et des multinationales en quête d’un second souffle financier. Leur suivisme du dictat des puissances occidentales s’illustre à travers la signature de contrats de concessions inéquitables et plutôt désavantageux pour leur peuple. La plupart des gouvernants africains vivent avec la psychose des coups d’États fomentés par l’ancienne puissance coloniale : il s’agit ici surtout de la France qui a été impliquée dans la quasi-totalité des putschs et guerres en Afrique. Nos élites, surtout celles francophones doivent oser se défaire de l’emprise étouffante française et assumer un leadership vaillant résolument tourné vers davantage de patriotisme.
Oui, ce dont l’Afrique a besoin, c’est aussi davantage de patriotisme de ses élites. Être un patriote c’est surtout mettre en avant les intérêts nationaux au prix de sa vie ; certains m’accuseront de prêcher du chauvinisme. Pourquoi pas ? Souvenons-nous que c’est ce sentiment de fierté nationale qui a aussi cimenté les états-nations européens, et pour le progrès de nos peuples ce sursaut patriotique devient un impératif. Le patriotisme dont il est question doit se matérialiser par la réinvention du pouvoir d’État, par un protectionnisme et une nationalisation subtile de nos ressources naturelles principales convoitises de l’Occident et sources de conflits pour nos jeunes états fragiles. Il s’agira aussi et surtout de redéfinir les chartes nationales en les réadaptant aux réalités sociopolitiques locales. Ce patriotisme devra aussi être tourné vers davantage d’ouverture démocratique, avec des démocraties africaines pensées et encadrées par des Africains eux-mêmes sans l’interventionnisme paternaliste de l’Occident. Oui, l’Afrique doit oser le patriotisme culturel, politique et économique pour se soustraire des chaines de l’avilissement financier et mental qui la maintient dans un statut de perpétuel « assisté-exploité ». Ce processus qui sera sans conteste pénible, complexe et dispendieux devra être porté par un leadership intrépide et ingénieux qui fera preuve d’ingéniosité dans la démarcation vis-à-vis des puissances impérialistes et de leurs instruments, les multinationales ; d’ingéniosité dans la poursuite des besoins d’émancipation et de solidarité des peuples sans faire de l’Afrique un continent reclus.

Dr. Mohamed Lamine Manga, historien, analyste politique et environnementaliste, coordinateur de projets à l’Unicef/Norvège.


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