MAMAN DE LA PETITE VIOLEE ET ETRANGLEE A MBAO PEULHGA : « une voisine a crie LahiLaha iLLaLah. j’ai compris Que Le pire etait arrive »


La petite Mariétou Doumbia,
violée, étranglée, mise dans un
sac et abandonnée dans un
dépotoir d’ordures, n’avait
aucune chance d’échapper à la
folie meurtrière doublée d’une
libido dérangée de son bourreau.
La boutique où elle s’était
rendue pour acheter du café et
du lait pour le petit-déjeuner de
son père, est sur le même alignement
et à quatre maisons de
chez elle. On était en plein jour :
11 heures. Après d’intenses
recherches et d’interminables
heures de doute, son corps a été
découvert par des fidèles qui
revenaient de la mosquée au
petit matin, dimanche 25
février 2018, lendemain de sa
disparition.
Les ruelles sablonneuses qui
mènent à la maison mortuaire
sont difficiles d’accès mais tous
les riverains interpellés depuis
le croisement de Petit Mbao, ont
été en mesure d’indiquer le
domicile, sis à l’intérieure du
quartier Peulh Ga.
Devant un immeuble R+1, peint
en jaune, trois oncles maternels
et paternels de la jeune victime,
discutent avec des membres de
l’association : « Touche pas à ma
sœur ». En face, quelques
femmes s’affairent dans le
garage de la maison en
construction.
« personne ne savait
ce Que c’etait, mais on
devinait Les courbes
des genouX »
Le Président de l’association
« Touche pas à ma sœur » prend
congé. L’oncle paternel,
Bassirou Doumbia, explique :
« C’est ma fille, son père et moi
avons le même père et la même
mère. Il est actuellement à la
gendarmerie. Son père m’a
appelé samedi pour me dire que
Mariétou a disparu. J’ai promis
de venir à la descente du travail.
Il était 15 heures 30 minutes.
On l’a cherché jusqu’à 1 heure
du matin, en vain. Dimanche
matin, j’étais là. Vers 9 heures,
on a vu un attroupement monstre
à environ 200 mètres d’ici. Il
y avait un sac près d’un dépotoir
d’ordures. Personne ne
savait ce que c’était, mais on
dirait la forme d’un corps
humain, on devinait les courbes
des genoux. Les gendarmes et le
médecin sont venus. Il a fallu
attendre le service d’hygiène
pour ouvrir le sac qui était bien
attaché. On a fait les constatations
d’usage. Dès que je l’ai vu,
j’ai su que c’était Mariétou. Elle
avait quelque chose dans la
bouche. Il paraît qu’on l’a violée. »
A l’intérieur de la maison, dans
la première pièce à droite, se
trouve la maman de Mariétou.
Les jambes allongées, assise à
même le sol, elle est entourée
de femmes : sœurs, tantes,
belles-sœurs, voisines…
Chapelet à la main, elle porte le
masque de la douleur provoquée
par la perte d’un enfant, de
la fatigue due au stress, de la
révolte et de la résignation.
« Elle devait avoir bientôt neuf
ans. Elle était en classe de Cp à
l’école publique Mor Seck. Je
vends de la bouillie de mil. Nous
sommes de condition modeste
et ce sont mes enfants qui m’aident
dans mon commerce
quand ils ne vont pas à l’école.
Samedi, elle a, comme d’habitude,
lavé toute la vaisselle de la
bouillie. Sa corvée terminée,
elle s’est mise devant la maison
à mes côtés, à jouer avec un
autre enfant. Quand j’ai fini de
vendre, je lui ai dit de prendre le
seau pour le laver. J’ai laissé
l’argent sur place. Elle m’a fait
remarquer que j’avais encore
fait tomber ma recette journalière
et m’a taquiné. Elle a
ramassé l’argent et me l’a remis.
Je suis entrée dans la maison,
Mariétou est restée devant la
porte à jouer. Le temps de sortir
le linge pour ma bonne, je suis
ressortie. Je ne la voyais pas, j’ai
demandé à l’enfant avec qui elle
jouait où se trouvait ma petite
fille, il m’a dit qu’elle s’est rendue
à la boutique. Il a ajouté
qu’ils étaient partis ensemble
mais il y avait trop de clients et
il l’a laissé là-bas. Je lui ai dit d’y
retourner et de lui dire de revenir.
J’avais besoin qu’elle se
rende au moulin à mil pour la
bouillie du lendemain. Le petit
est revenu sans elle. J’ai alors
dit à sa grande sœur Fatou d’aller
la chercher. Elle aussi est
rentrée bredouille.
« eLLe etait pieds nus et
ne pouvait pas aLLer Loin,
me suis-je dit »
On a regardé là où elle devait se
tresser, à tout hasard. Elle souhaitait
se tresser et je lui avais
dit d’attendre mais puisque,
quand elle a une idée dans la
tête, elle ne lâche pas, on a
regardé chez la coiffeuse, mais
rien. Elle était pieds nus et ne
pouvait pas aller loin, me suis-je
dit. On a cherché partout, rien.
J’avoue que je ne suis pas entrée
dans la boutique pour lui
demander. J’étais comme retenue
par une force irrésistible.
Je travaille avec une griotte.
Nous cuisinons pour des céré-
monies. Elle est venue me chercher
pour du travail et est tombée
sur les recherches. Elle a
pris l’initiative de demander à
un voyant de regarder les cauris.
Elle a aussi appelé un Socé.
Ils ont dit que l’enfant était
entre les mains d’une femme et
qu’elle va revenir. On m’a
demandé de brûler un de ses
habits, en guise de sacrifice, je
l’ai fait, de même que d’autres
offrandes. A 18 heures, tout le
quartier était là. Tout le monde
cherchait. Ils ont été jusqu’à
Batal ba, vers la mer, rien.
« une voisine a crie
LahiLaha iLLaLah.
j’ai compris Que Le
pire etait arrive »
Le dimanche matin, je sentais
qu’il était arrivé quelque chose à
mon enfant. Je me trouvais
devant la maison et je tremblais
de tous mes membres. Il a fallu
qu’on me tienne pour que je
tienne debout. Une voisine est
venue et a crié Lahilaha Illalah.
J’ai compris que le pire était
arrivé mais j’étais loin de me douter
d’une telle atrocité. On m’a dit
qu’on l’a tuée et mise dans un sac.
Je ne l’ai pas vue, jusqu’à présent.
Cela fait des années que je suis à
Mbao. Je me suis toujours gardée
de me mêler de ce qui ne me
regarde pas, de calomnier, je ne
connais pas cela. Il y a beaucoup
d’enfants dans le quartier, il n’a
ciblé que le mien. Je le laisse entre
les mains d’Allah, le juge
Suprême. C’est aujourd’hui
qu’elle devait débuter ses compositions.
Je lui avais acheté deux
cahiers. Elle était serviable, elle
faisait le ménage, la vaisselle, se
rendait au moulin, pour m’aider.
Mon époux est calme. Il ne
connaît que son travail. Nous
n’avons rien fait pour mériter
cela. Nous n’avons que de
modestes moyens, nous essayons
de subvenir aux besoins de notre
progéniture tant bien que mal. Je
ne comprends pas. S’il avait
besoin d’avoir des relations
intimes avec une femme, pourquoi
n’a-t-il pas cherché ailleurs.
Mariétou était une poltronne, elle
n’a jamais passé la journée ailleurs
qu’ici. Rien que la peur a pu
la tuer », confie la maman éplorée.
Les femmes venues la soutenir en
ces moments difficiles, fustigent
le manque d’éclairage public. A
partir de 19 heures, elles ont une
peur bleue de sortir. « Mariétou a
été enlevée en plein jour. Que
devons-nous faire ? Enfermer nos
enfants 24/24 ? Ce n’est pas possible. »
La lampe de la boutique (qui était
fermée au moment de notre passage),
est restée allumée.
Lorsque les gendarmes de la Zone
Franche, qui ont en charge l’enquête
sont venus dans son commerce,
ils ont senti l’odeur de
chanvre indien et en ont saisi une
quantité, de même que de l’alcool.
C’est dans la rue d’en face, à
gauche, que la petite a été jetée,
au milieu d’un tas d’ordures, au
coin du mur d’un terrain clôturé
et abandonné.
Des riverains disent que
Mariétou est restée parce qu’il lui
avait promis un bonbon.
La gendarmerie toujours
sur La piste d’un suspect
meme si La famiLLe pointe
du doigt Le boutiQuier
Un oncle de la victime déclare :
« S’il l’avait jetée par-dessus le
mur, on ne l’aurait jamais retrouvée
avant que le corps ne soit en
état de décomposition avancée.
Le violeur-meurtrier a dû attendre
au milieu de la nuit pour la
mettre dans un sac de sucre avant
de se débarrasser du corps dans
la pénombre. Ce qu’il ne pouvait
faire en plein jour. De toutes les
façons, tout le monde connaissait
Mariétou ici. Ce qu’il a fait, je ne
sais pas si c’est le boutiquier ou
non, est lâche et ignoble », dit un
de ses oncles, écœuré.
La gendarmerie de la Zone
Franche qui a en charge l’enquête,
poursuit toujours les
investigations. Selon une source
proche de la gendarmerie, le boutiquier
a été interpellé parce
qu’au cours de la perquisition, les
hommes en bleu ont découvert
de l’ « herbe qui tue » chez lui.


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